|
|
لمدير
تحرير
الواحة
بعد
التصريح
بالتهديدات
بالقتل أمام
هيئة قضاء
خصصت
جريدة الوطن
بالفرنسية
شخصية عددها
الأسبوعي
لمدير تحرير
جريدة
الواحة,
وركزت على
الخصوص على
المعارك
الضارية
التي
يواجهها
مدير تحرير
الجريدة على
إثر فتح بعض
ملفات
الفساد
والثراء
العقاري
ومحاولات
التهديد
بالقتل,
ابتداء من
تصريح ممثل
نقابة
غرداية
السابق أمام
القضاء بأن
موكله كان
عازما على
قتل مدير
تحرير
الواحة على
إثر فتح ملف
العقار, وهي
القضية التي
طرحة امام
مجلس قضاء
غرداية
الإثنين
الماضي
والتي هزت
هيئة المجلس
نتيجة
لفظاعتها
وغرابة
الملف الذي
دفع بهيئة
المجلس إلى
أن يؤجل
الجلسة بعد
نصف ساعة
لتتواصل يوم
6 مارس
القادم.
وفي ما يلي الملف الذي خصصته جريدة الوطن لمدير تحرير الواحة بالفرنسية:
Nedjar El Hadj Daoued. Directeur du journal El Waha (Sud algérien)
Un journaliste sans concession
dans
la tourmente à Ghardaïa Entre deux solutions, choisis toujours la
troisième. Proverbe
juif
|
|
Cela s’est passé lundi
dernier devant la cour de justice de Ghardaïa. Nedjar El Hadj Daoued,
directeur du journal El Waha, a exposé dans un souffle les menaces de
mort qui pèsent sur lui en tant que journaliste, devant l’inertie
troublante de l’instance judiciaire.
Le code pénal entre les
mains, El Hadj Daoued feuillette et recopie des extraits de textes sur
un carnet de notes. Il l’emportera avec lui quand le président de la
cour l’appellera à la barre. Il sera seul, car il a décidé de ne
plus prendre d’avocat. Il est loin, au bout d’une longue succession
de dossiers où la contrebande de cigarettes se mêle aux détournements
de deniers publics, aux agressions, aux vols de bétail, à
l’immigration clandestine et aux recels de drogue. « Nedjar El
Hadj Daoued, né le 30 juillet 1959, à Ghardaïa. directeur du journal
El Waha... Vous êtes accusé de diffamation en vertu du code pénal »,
lance le juge avant de regarder le prévenu. Il le connaît bien. El
Waha, unique journal d’information paraissant au sud du pays, fête
ses quinze ans d’existence et, jamais, les pressions pour le faire
taire n’ont été aussi vives. Depuis la parution en mars 2003 d’une
série d’articles qu’il a lui-même signés, Nedjar El Hadj Daoued
vit entre la barre des justiciables et les menaces de mort. Ou les deux
à la fois.
Barons du foncier contre médias indiscrets
« Nous avons touché un
dossier de fond, un dossier « fusible »... Une tradition
mafieuse a été ébranlée, il faut que je paye », explique-t-il
le regard fixe, derrière le volant de sa voiture. Les ennuis commencent
quand El Waha répercute et traite une plainte d’habitants du haï
(quartier) dit Touzouz, non loin de la ville de Ghardaïa. Des personnes
d’influence accaparent de larges surfaces de terrain, les assiègent
de murs en dur et se les approprient. Ils utilisent leur liberté
d’action et le fonds foncier ainsi capté pour acheter le silence...
et l’imposer à Ghardaïa. « Un réseau de concessionnaires de
la corruption » est ainsi créé, développe le journaliste. Le
wali, à qui s’adressait la plainte des habitants, prend acte et détruit
les murs d’enceinte illicites dans une charge de bulldozers. Le coup
est dur et les répercussions sur le journal sont radicales. Les
plaintes en justice contre le journaliste sont alors endossées par un
seul avocat. Me Laroui Hacène porte, comme une seconde peau, toutes les
affaires dirigées contre le directeur du journal. « Jusqu’au K.
O. », acclame-t-il. Nedjar El Hadj Daoued est traité de « fou »
de « malfrat » et de « p... ». La cavalerie du
langage dont use le magistrat laisse perplexe. « Oui, je suis prêt
à prendre toutes les affaires contre lui, gratuitement s’il le faut »,
tonne-t-il dans une envolée théâtrale. Le 1er mars 2004, l’avocat a
rapporté, dans un plaidoyer plein d’animosité, l’intention de son
client d’attenter à la vie du journaliste. Ce jour-là, les menaces
de mort ont trouvé de la voie à l’intérieur de la cour de justice
de Ghardaïa. Nedjar El Hadj Doued demande à la cour une consigne des
propos de l’avocat. Elle lui sera délivrée deux semaines après les
faits, les propos en seront falsifiés. Cette manipulation à l’intérieur
de l’instance judiciaire de Ghardaïa libère le coup de starter à de
nouvelles prises à partie du journaliste. Plus sérieuses. La nuit du
31 mars 2004, Nedjar est la cible d’une course poursuite en voiture de
deux individus cagoulés. Les ennuis motorisés allaient connaître, le
30 juin 2004, une tournure qui a failli coûter la vie à deux
collaborateurs du journal. Sur la route d’Alger, au niveau de la
localité de Sidi Bahbah, la roue arrière droite de son véhicule
personnel, une Peugeot 306 neuve, se détache. Le chauffeur et son
accompagnateur, qui se dirigeaient vers la capitale pour l’impression
du journal, ont eu la vie sauve à l’issue d’une série de tonneaux
grâce aux airbags du véhicule. Nedjar El Hadj Daoued n’a pas été
de la course ce jour-là. L’avocat ricane : « La roue qui
se détache ! Bah, c’est un fou... » L’espace des deux
incidents, une série d’appels téléphoniques menacent le
journaliste. L’auteur a été identifié.
Menaces en cours
Dans les affaires qui sont
attentées contre le directeur et rédacteur en chef d’El Waha, et
devant le président de la cour, Nedjar El Hadj Daoued nie systématiquement
que les articles incriminés de son journal relèvent de la diffamation.
« Le métier de journaliste, tel que Nedjar le professe, n’a
rien à voir avec la diffamation », s’exclame-t-il devant le
juge. Son journal est passé d’une parution hebdomadaire à mensuelle.
« On veut m’empêcher de travailler », conclut-il en
expliquant que son temps, il le dépense à faire face à la justice.
Plus d’une dizaine d’affaires ont été attentées contre lui,
depuis qu’il a traité des « lobbies du foncier à Ghardaïa »
impliquant des fonctionnaires de l’Etat. Certaines sont préfabriquées,
à l’instar de celle où on l’accuse d’avoir agressé en compagnie
d’un journaliste d’El Waha, un des plaignants contre le journal.
« J’étais sur les gradins, je me retrouve sur le terrain. Je
vis ce que chaque justiciable vit », recompose Nedjar les péripéties
et les manipulations devant la justice.
Courses poursuites et appels anonymes
Nedjar El Hadj Daoued a
commencé sa carrière en 1975. Journaliste à El Chaâb et à la Radio
nationale, il a créé en 1990, avec l’ouverture du champ médiatique
pour la presse écrite, le seul journal paraissant au Sud. En 1995, le
local de son journal, dans le quartier de Beni Yezguen à Ghardaïa, est
l’objet d’un attentat terroriste. « Jamais depuis, je n’ai
eu à faire face à un tel déchaînement de violences », dit-il.
« J’ai choisi de prendre mes responsabilités dans ce dossier
sur le foncier à Ghardaïa. Je savais que j’allais mettre les pieds
dans une situation pourrie. Je traite une réalité, et je me retrouve
devant la justice. A aucun moment, les personnes impliquées par mes
articles n’ont été appelées devant la barre », continue-t-il,
« on utilise des tierces personnes pour m’atteindre ». Au
même moment, « le ministre de la Justice Tayeb Belaïz, dans une
visite surprise à la Cour suprême à Alger, le 14 janvier dernier,
parle du moment venu d’ouvrir les dossiers en suspens en évoquant le
dossier du foncier que le président de la République a décidé
d’instruire », note-t-il dans un mémorandum adressé au président
de la cour de Ghardaïa. Au ministère de la Justice, il a adressé une
plainte intitulée « Ouverture d’une enquête urgente avant
l’autopsie de mon corps ». Mais depuis son audition à ce sujet
le 16 janvier dernier par le procureur de la République, « rien
n’a été actionné », assure-t-il. En attendant, « je me
fais menacer dans l’enceinte même de la cour, et c’est grave.
Aucune instruction sérieuse n’a été déclenchée après ces événements,
que ce soit la déclaration de l’avocat, les poursuites nocturnes ou
l’incident de Sidi Bahbah. Toutes les plaintes que j’ai déposées
ont été gelées par le tribunal de Ghardaïa », note le
directeur du journal. « Par ailleurs, le système de la profession
de journaliste n’est pas clair. Il n’y a pas une loi en vertu de
laquelle on est journaliste vis-à- vis de la justice »,
confie-t-il. Pour sa part, l’avocat a tenté de légitimer les
intentions de ses déclarations menaçantes : « Il s’agit
de défendre l’honneur d’un homme » Mais l’homme de loi
esquive le fait qu’un crime, même passionnel, est puni par la loi.
Lundi dernier, Nedjar El Hadj Daoued devait faire face à ce magistrat,
qui a porté plainte après que l’incident des menaces à l’intérieur
de la cour de justice eut été rapporté dans les colonnes du quotidien
El Khabar (voir El Watan du 04 mars 2004). Seul Nedjar a été cité
dans cette affaire. Les titres de presse qui ont rapporté cette
information ont été soigneusement évités par le plaignant. Ce
dernier a choisi de quitter la salle d’audience avant l’ouverture du
dossier et éviter la confrontation. Ecoutait-il à la porte durant
cette séance houleuse ? Le journaliste a pleuré par deux fois et,
par deux fois, la salle a poussé des acclamations devant le plaidoyer
de cet homme du média qui, pour avoir écrit ce qu’il pense être
vrai et injuste, est devenu l’objet de singulières et douteuses
actions en justice. « Il s’agit de la vie d’un homme et d’un
journaliste », a-t-il lancé à plusieurs reprises au président
de la cour. La séance a été renvoyée au 6 mars prochain. La cour a
soigneusement enregistré les propos du journaliste, réclamant que les
menaces qui pèsent contre lui soient prises en compte. Il lui
appartient de faire justice...
Parcours
Nedjar El Hadj Daoued est né
le 30 juillet 1959 à Ghardaïa. Journaliste depuis 1975, il est
directeur de la publication El Waha. Il commence sa carrière à Echaâb
et collabore à la Radio nationale. En 1990, il crée El Waha, seul
journal régional du sud du pays, qui tire à 10 000 exemplaires. Il est
distribué par l’ANEP, dans la mesure du possible, à travers tout le
territoire national. Père de cinq enfants, il est grand-père pour la
première fois depuis deux ans. Son journal a été la cible d’un
attentat terroriste en 1995. Une attaque dont il n’a reçu aucune
indemnisation de l’Etat. Depuis mars 2003, il est l’objet de persécutions
et de menaces de mort pour avoir ouvert, dans les colonnes de son
journal, le dossier du « lobby du foncier à Ghardaïa ». Il
prépare la publication d’un ouvrage qu’il a décidé d’intituler
Le journaliste algérien entre l’assassinat, la prison et la
domestication..., où il retrace les différents événements auxquels
il a eu affaire depuis la publication de son enquête et pose une réflexion
sur le métier de journaliste en Algérie.
Site internet du journal :
www.elwaha-dz.com